22 août 2007

HAYDN : Charles Carmignac en 4ème de Libération

En ce mois d'août, Charles n'a pas rempli sa fiche HAYDN, en revanche, il se confie à une journaliste de Libération.

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Charles Carmignac, 29 ans, patron d'une start-up de chasses au trésor. Destiné à la finance, il a opté pour une voie professionnelle plus ludique qui nous égare. Lui s'y retrouve.

Par ANNE DE MALLERAY
Il a suivi la voie royale des grandes écoles françaises, celle qui ouvre les portes des boîtes prestigieuses. Méthode classique. Mais Charles Carmignac a préféré avoir les siennes. Méthode innovante. Il n’est pas le seul. 40 % des jeunes Français disent vouloir créer leur entreprise. Une partie de la «génération chômage», qu’on dit flippée, se lance dans des carrières professionnelles à virages, marches arrières, pauses et accélérations. Depuis la création de son entreprise, Ma langue au chat, en 2004, Charles déroule du mystère au kilomètre. C’est son côté père Fouras. Libération valait bien une énigme et celle-ci, pour peu qu’on la résolve, conduit à un autoportrait dissimulé dans Paris. «Désastre, il vit la fin d’une vie, près de Saint-Germain. C’est l’avis d’une reine, cherche la clé de son nom ici. A genoux, tu trouveras le coffre de curiosités.»

Carmignac a un nom de héros balzacien. Dandy un tantinet défroqué, le cheveu blond négligemment taillé, il en a l’allure. Un de ses amis le taxe de «romantique exacerbé». Son attitude un poil précieuse quand il parle d’amour, sa bague cathare à l’auriculaire et ses goûts désuets l’éloignent en effet de la bonhomie fourassienne. Lecteur d’Edgar Poe plutôt que de Stephen King, il adule Lucio Battisti, orfèvre de la pop italienne. Avec Lilly Bloom, comédienne et «femme de [sa] vie», il habite un appartement bobo et biscornu, près du Père-Lachaise. C’est elle, pour le séduire, qui l’a fait courir après des trésors, Charles aime à le rappeler. C’est lui en revanche qui a créé sa start-up de chasses aux trésors destinées aux entreprises et aux particuliers.

Pour la première, Charles se met au défi de réunir plusieurs milliers de personnes. Pendant un mois, il arrose l’Odéon et le Champ-de-Mars de parchemins cryptés à l’effigie d’un lutin. Il joue avec les journalistes, laissant des messages mystérieux sur leurs répondeurs pour les inciter à faire de la pub dans leurs pages. Le jour J, ce teasing efficace lui amène 3 000 participants. Le 7 juillet dernier, trois ans plus tard, ils sont 13 200, «enfants, étudiants, grands-mères, bobos, touristes complètement fous, avec boussoles et parchemins». Organisée pour la mairie de Paris, cette chasse, sa plus ambitieuse, est une expédition en quarante parcours, ponctuée d’énigmes, de lieux insolites et d’acteurs disséminés le long des rues.

Pour cerner Charles Carmignac, la chasse au trésor est le fil conducteur, mais il ne faut pas laisser passer d’autres indices. Le premier est Paris, dont il est «un petit malade». Adolescent, il pénétrait dans les cours d’immeubles avec la clé du facteur. A 29 ans, il est toujours saisi de fièvre exploratrice. Lorsqu’il raconte par exemple sa quête du bar de l’Enfer, étrange lieu du XIXe siècle, dans le quartier de Pigalle. «J’ai créé Ma langue au chat pour que les gens puissent ressentir la bouffée d’adrénaline qui m’a saisi dans le Bar de l’Enfer», conclut-il en philanthrope sincère.

Un autre indice essentiel est la finance, à laquelle il se destinait. Fils d’un «génie» en la matière, qui a fait fortune en quelques décennies, le jeune Carmignac, après une enfance sur l’Ile-Saint-Louis, est propulsé au piston dans un bureau de la City. «Je me suis retrouvé à 18 ans, au milieu des traders et brokers. Les mecs se jetaient sur des sites de cul dès qu’ils avaient deux minutes. C’était assez barbare, assez violent.» De cette expérience, il tire quelques enseignements. «Dans l’idéal, c’est un métier génial qui consiste à faire des paris. On place ses billes sur sa propre intuition, son intelligence du marché.» Excité par cette image joueuse, il persévère et intègre l’ESCP (Sup de co Paris). Las, il s’ennuie et trompe le temps en pondant des mémoires et en multipliant les stages dans le secteur balbutiant du microcrédit, pour Jacques Attali à Planet Finance et Maria Nowak, la «banquière des pauvres». Troisième indice, le journalisme. Charles aime l’histoire (son professeur de collège le décrit comme un «élève exceptionnel»), mais surtout les histoires. Pour en raconter, il bifurque vers le journalisme à la sortie de l’ESCP.
Tenant d’une nouvelle école, le journalisme fantastique, il propose des sujets comme un reportage délirant au Draghonistan, contrée imaginaire, «au moment où plein de pays d’Asie centrale émergeaient». Il est publié un 1er avril dans le Journal de la culture. Ses idées fantasques essuyant trop de refus à son goût, il décide de créer son propre canard. Perplexe devant la façon de recycler toutes ses fiches mnémotechniques de prépa, il imagine un média Internet destiné aux lycéens : Mémoactu va mettre en parallèle l’actualité et les clés pour la comprendre. En septembre 2002, il «bombarde tous les lycées de France» pour qu’ils abonnent leurs élèves. Le site récolte 10 000 abonnés en un an.
Bientôt Charles se met en quête d’un partenaire pour asseoir sa crédibilité. Ce sera les Echos. «J’étais hyper fier. Je me suis senti comme une start-up innovante rachetée par Google.» L’indice financier devient probant. Même s’il a préféré les donjons au Dow Jones, Carmignac garde de ses années col blanc une rationalité d’entrepreneur. «Je suis bordélique dans la création, hyperstructuré dans la réalisation», dit-il. CQFD.
Il a su faire de Ma langue au chat une référence pour des opérations de team building (cohésion d’équipe) et de marketing, qu’il vend entre 2 000 et 30 000 euros, selon le nombre de participants. «La chasse au trésor colle parfaitement avec le concept de team building. C’est un peu faire tut tut. On est cadre sup, on prend des décisions et tout à coup, on tombe le costard. Avec une énigme dans les mains, les gens sont comme des gosses. La secrétaire parle à son patron, les hiérarchies s’effacent et tout le monde se détend.» La Poste, la SNCF, General Electric, Ubisoft, le Crédit agricole et d’autres y sont passées. Les chasses se déclinent aussi en campagnes de pub grand public, écrites autour de l’univers de la marque pour le lancement d’un produit. Carmignac assume totalement la filiation entre chasse au trésor et marketing viral. Il exploite notre soif de jeu et de mystère.

Indice flou : la musique. «Depuis dix ans, je rêve que je joue de la guitare dans un groupe, Moriarty, sans espace, sur mon espace.» Album à venir en octobre. Carmignac joue au père Fouras qui voudrait créer du buzz. Les anglophones et amateurs du web 2.0 trouveront de quoi il retourne.

Ultime indice : «la boulimie». Certains séparent travail et loisirs et donc «s’emmerdent au boulot». Charles Carmignac préfère allier les deux. «Le vice, c’est que je travaille comme un malade.» Conscient de son statut à part dans «une génération qui a peur de ne pas trouver de boulot», il justifie assez simplement son audace d’entrepreneur : «Travailler sous l’autorité de quelqu’un me rend débile.» Il a déjà voyagé beaucoup, exercé une dizaine de métiers : auteur de documentaires, de guides de voyage, rabatteur pour des boîtes de la Gaîté Montparnasse… «Pas mal de petits boulots», note-t-il à propos du dernier.

Charles Carmignac aimerait lever un peu le pied, mais pas avant d’avoir organisé une chasse au trésor mondiale, la meilleure, «avec un indice dans un temple en Thaïlande, un autre dans une épave en Indonésie…» Pour celle-là, on donne d’avance notre langue au chat.

Charles Carmignac en 5 dates
1978 Naissance à Paris.
1997 Intègre l’ESCP.
2002 Rencontre Lilly Bloom.
2004 Première chasse au trésor.
7 juillet 2007 Dernière chasse au trésor en date, 13 200 participants.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Je en sais pas sic'est la journaliste qui accentue les paroles mais ce Charles il a l'air quand même d'une caricature de fils à papa qui se la joue Bobo

mais pourquoi un article sur lui s'il est rentré en 1997 il est pas de notre promo

Anonyme a dit…

c'est marrant. y'a toujours un connard pour faire un commentaire et une critique gratuite en anonyme. Pour la peine je vais faire pareil que toi.

Willy a dit…

tu es mon héro Charles...

willy

blogtaichinh a dit…

Hi Charles, I am so pround of you. After 7 years leaving ESCP, you have done so many amazing things.

Concho